Je viens de recevoir des nouvelles de Gilles Elkaim qui prépare la saison au Camp Arktika en Laponie Finlandaise. Je vous les livre:
"Si vous avez attentivement parcouru la galerie photo d'Arktika, quelques images pornographiques canines n'ont pu vous échapper. Le dépucelage d'Alouk par Umka et les ébats d'amour consomment du maestro Pouchok avec sa compagne Toutsi.Deux portées d'importance virent donc le jour l'été dernier. Celle des « Monstres gris » (papa Alouk, maman Umka) fin mai, et celle des « Pouchons » (papa Pouchok, maman Toutsi) début juillet. Les « Monstres gris » sont des Taimyr : Lofo, Tori, Koika, Foutou, Wali et son inséparable Walou. Six males ! De quoi satisfaire l'explorateur polaire, plus porte sur la gent canine masculine du fait de chaleur difficilement gérable en expédition. Lofo, Tori et Walou sont, comme leur père Alouk, des chiens de traîneau uniques du fait de leur robe bleue. Nos sympathiques voisins finlandais nous jalousaient tant que l'on a pu refuser leur sollicitation. Foutou a donc trouve asile chez ces « husky-fermiers » n'en pouvant plus de leur meute d'Alaskan dégénérés. Ils courent vite c'est vrai, mais n'ont plus rien de polaire. Enfin, a chacun ses goûts. Lofo et Wali sont en concurrence pour la domination de leur jeune meute. Lofo est le plus costaud, mais Wali est plus intelligent. Alors qui l'emportera ? Une dépêche de dernière minute m'annonce que Lofo vient de casser la gueule a son grand cousin taimyr, Tabalak, aine de 4 mois.
Autre portée très attendue : celle de mon vénéré Pouchok. Depuis la fin de l'expédition Arktika, je désirais croiser mon exceptionnel chien de tête. J'avais donc acheté une Malamute bardes de diplômes, mais cet ingrat n'y voyait la que motif a grimace. L'odeur de la jeune fille ne semblait pas lui plaire ou alors était-ce cette race non primitive -le Malamute est issu de croisements entre chiens de Tchoukotka et chiens eskimos d'Alaska- qui ne lui convenait pas. Et puis Pouchok aime trop son indépendance pour accepter le choix arbitraire de son maître, surtout pour une affaire sentimentale. Pouchok avait depuis longtemps élu dans sa cour la belle Toutsi aux yeux vairons. Mais voila Toutsi est une Tchouktche et Pouchok est un Nenets. L'amour impossible. Dame Nature faisant toujours preuve de sagesse, j'ai finalement consenti a cette union mixte. Elena la sage-femme du camp s'étant absentée, j'ai du assister personnellement l'accouchement. Ce fut comme si j'accouchais moi même. Toutsi m'avait mené la vie dure durant toute sa grossesse, dédaignant de succulents ragoûts de viande mijotes tout spécialement et de somptueuses fritures, produit de ma pêche. J'installais la belle dans la kota (chalet lapon) ayant vue sur le lac. Toutsi n'avait jamais mis au monde aussi mon angoisse croissait au fur et a mesure de son embonpoint. Le jour J approchant, Pouchok invita Toutsi a une chasse aux canards. Les deux amoureux se payèrent une escapade autour du lac, pataugeant gaiement dans l'eau glaciale. C'est en kayak que je ramenais les deux fugueurs. Toutes ces attentions ne furent pas vaines. Toutsi accoucha enfin de quatre Pouchons (males) et une Pouchette (femelle) que je sauvais in extremis en l'extrayant de son enveloppe placentaire. Sur ces 5 individus : 4 possèdent les caractéristiques du Laika Nenets : Tchilik, Vandei, Noum et Vorga (plus communément appelée Pouchette) alors que Sivoutch est l'exception tchouktche.
Pouchok, même s'il n'est pas un père attentionne, peut être fier de sa progéniture. Vandei, Pouchette et Sivoutch ont des yeux bleus étincelants tandis que Noum, le Nenets noir, a les yeux vairons de sa mère. Noum est un futur chien de tête.
Voltchok, le placide Taimyr, recrute sur la péninsule du même nom a l'issue de mon expédition a lui aussi inscrit son patronyme sur nos documents de lignée. Sa portée de « Blanco », blancs comme la neige qui ne veut pas tomber en Laponie, compte 3 chiots (males) et 4 chiottes (femelles). Peut mieux faire.
Notre meute s'élève donc maintenant a 45 individus dont 22 Taimyrs, 11 Tchouktches, 8 Laikas Nenets et 4 très fiers bâtards. Nous attendons une autre portée le mois de janvier prochain pour atteindre le nombre fatidique de 50, limite théorique au delà de laquelle il devient vraiment très difficile de donner suffisamment d'amour a chaque chien.
Le camp Arktika se construit depuis a vitesse grand V. Une yourte, une tente de type prospecteur, une tente sauna (en plus de notre véritable sauna) ont pousse comme des champignons. Le principe du camp Arktika et de ses activités est de guider nos visiteurs (nos chiens sont là pour ça) pour leur faire découvrir leur propre harmonie au sein de la nature du Grand Nord. Par conséquent, notre camp n'est pas conçu comme un hôtel ou un camping, mais plutôt comme un gîte d'initiation à la vie sauvage. Ce n'est pas un simple lieu de passage ou de résidence confortable. Nous tenons à sensibiliser et responsabiliser nos clients tant au niveau de l'environnement que de notre meute qui constitue le pôle d'intérêt. Cela implique une petite dose de tâches à accomplir par chacun quotidiennement selon son humeur ou ses préférences (soins des chiens, eau, bois, cuisine.) pour le bien-être de toute la communauté humano canine. Nous espérons et estimons que chacun gagnera ainsi son espace de liberté.
Nous recevons nos premiers « clients » le 22 décembre 2006. Date historique qui marquera l'ouverture officielle du camp. Prions pour que le froid et la neige ne nous fassent pas défaut ! Il fait en ce moment -20C, mais il ya encore une semaine, les rennes étaient en maillots de bain et se réjouissaient car les abattages (faute de neige et donc de motoneige) avaient été retardes. Je suis agréablement surpris par le succès de notre concept, qui plait beaucoup aux familles avec enfants. Il reste encore des places pour la saison d'hiver, mais notre planning est d'ores et déjà bien rempli. J'aimerais ouvrir un créneau back-packer au camp afin que les petites bourses puissent aussi profiter de l'activité traîneau. J'ai également en projet le développement de l'assistance logistique d'expéditions (scientifiques, sportives ou culturelles) en traîneau a chiens. Je m'étonne toujours de voir cette débauche de moyens techniques et polluants dans des projets « environnementaux ». Et les exemples sont de plus en plus nombreux. A croire que certains d'entre eux choisissent l'environnement comme alibi. Quoi ? Vous me trouvez cynique ? Arktikement votre !"
N'hésitez pas à correspondre avec Gilles grâce aux liens ci-dessous.
Amicalement Daniel
Découvrez les derniers nés du camp Arktika sur la galerie :
http://www.arktika.org/scripts/photos/index.cfm
Le dvd Arktika est disponible. Commande sur arktika@wanadoo.fr : 30 euros (port compris)

Grand Nord Grand Large est en France le voyagiste spécialisé dans les régions Arctique et Antarctique. Malheureusement, l’Antarctique est aujourd’hui interdit aux chiens de traîneaux. Néanmoins GNGL vous propose une offre importante de spots de mushing tout autour du cercle Arctique. Vous n’avez que l’embarra du choix avec des mushers célèbres comme Nicolas Vanier qui propose son Camp des écorces au Canada ou Gilles Elkaim à l’Ecole de l’aventure polaire d’Ivalo en Finlande.